Le mot “sa’y” signifie “courir et faire des efforts, pendant le petit ou le grand pèlerinage” on appelle ainsi les sept trajets parcourus entre Safâ et Marwâ, à l’Est de la Ka’ba, en commençant par Safâ et en terminant par Marwâ. On appelle chaque trajet un shawt, marcher de Safâ à Marwâ est un shawt, et l’inverse est un autre shawt.

Dans le Coran, Allah dit :
“La course entre Safâ et Marwâ fait partie des rites prescrits par Dieu. Celui qui accomplit le hajj à La Mecque ou seulement la ‘Omra peut sans inconvénient effectuer cette course. Dieu saura gré à quiconque se porte volontaire pour accomplir une oeuvre pie, car Il sait tout”
La course en question est le sa’y. Selon les hanéfites le sa’y du hajj et de la ‘Omra est wâjib, pour les autres écoles elle est fard.

Les conditions de validité du sa’y :
a. Il faut faire le sa’y en état de sacralisation, en ayant prononcé l’intention d’accomplir une ‘Omra et la talbiya. Aucun rite de la ‘Omra ne peut se faire avant d’être en ihrâm, il est obligatoire de le faire après.
b. Le sa’y doit se faire après un tawâf valide. Il n’est pas un rite indépendant, il doit être précédé d’un tawâf valide.
c. Il faut commencer le sa’y sur le monticule de Safâ et le terminer sur le monticule de Marwâ. La course se fait obligatoirement entre ces deux monticules.
d. Il faut accomplir au moins quatre trajets du sa’y. Selon l’école hanéfite les quatre trajets sont des piliers et les trois autres sont wâjib. Pour les autres écoles les sept trajets sont wâjib.

Les obligations (wâjib) du sa’y
a. Faire le sa’y à pied si on en a la force
b. Compléter le sa’y jusqu’au septième tour
c. Accomplir le sa’y en étant en ihrâm. Celui qui fait le tawâf de ‘Omra et qui se rase, se désacralise sans avoir fait le sa’y doit sacrifier une bête (dam).
[Dam : le sacrifice d’expiation d’un mouton ou d’une chèvre]
Compléter chaque trajet entre Safâ et Marwâ jusqu’au bout.

La sunna du sa’y :
a. Prononcer l’intention
b. Accomplir le sa’y après le tawâf et la prière du tawâf, sans interruption.
c. Être en état de propreté rituelle.
d. Ne pas avoir de saletés, sur le corps ou les habits, qui pourraient annuler la prière
e. Saluer la Pierre Noire avant de commencer le sa’y,
f. Se tourner en direction de la Ka’ba et formuler des takbîr (Allâhu Akbar), tahlîl, et invocations à chaque montée sur les monticules de Safâ et Marwâ
g. Accomplir les trajets consécutivement, ne pas s’interrompre entre.
h. Il est recommandé aux hommes de parcourir la distance entre les deux bornes vertes au pas de gymnastique (harwala). C’est-à-dire de marcher à petits pas, activement et de manière imposante.
[Les femmes ne font pas de harwala]
i. Pendant le sa’y, occuper sa langue à réciter des takbîr, tahlîl, dhikr et des invocations
Le sa’y n’est pas un acte rituel indépendant. C’est pourquoi il ne s’effectue qu’après le tawâf de ‘Omra, avant la désacralisation. Il n’y a pas de sa’y surérogatoire, donc on ne fait pas de sa’y après chaque tawâf.

Que doit comprendre le pèlerin du sa’y ?
L’origine du sa’y remonte jusqu’à notre mère Hâjar. C’est la reconstitution de son état alors qu’elle cherchait de l’eau pour son fils Ismâ’îl, qu’elle allaitait encore. C’est le rappel de la miséricorde d’Allâh présente dans l’affection et la tendresse d’une mère pour son enfant. C’est le symbole de la valeur que donne l’Islâm à ce sentiment formidable qu’est l’amour d’une mère, paix sur eux.
Pendant le sa’y, le musulman réalise ce qu’est d’être sur la même voie avec ses semblables, qui partagent les mêmes sentiments et la même intention. Il s’imprègne de la même agitation que Hâjar, cherche son seul espoir, l’eau de Zamzam pour en boire à grandes gorgées. Le sa’y est notre substitution à Hâjar, cherchant de l’eau sous un soleil de plomb, pour garder en vie son seul enfant.